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La grogne gagne, rue d’Alsace

Urbanisme. Démarrés le 1er février, les nouveaux travaux inquiètent les commerçants qui s’interrogent sur leur utilité et leur durée.

«Pour l’instant, nous ne sommes encore pas trop concernés, relève Philippe Bignon, gérant de l’enseigne André. Mais après deux ans de tranquillité nous entrons dans deux années d’inquiétude ».

La rue d’Alsace-Lorraine, inaugurée en grandes pompes en 2007, est à nouveau en travaux depuis le 1er février. Un chantier sur deux ans pour donner une autre configuration à cette artère parmi les plus commerçantes de Toulouse.

Malgré une information faite dans les règles par la ville où commerçants et riverains seront régulièrement informés de l’avancée de ce chantier, l’inquiétude demeure : « On a tellement souffert la première fois, reprend ce commerçant, qu’on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la baisse de la fréquentation de la rue liée aux nuisances ».

Prudent, ce commerçant a déjà revu à la baisse son chiffre d’affaire de 4 à 5 points pour 2010.

En fait, au-delà de la durée et de la gêne, ce chantier semble interroger d’une façon générale le public : « On a du mal à s’expliquer pourquoi les travaux définitifs n’ont pas été effectués d’emblée en 2007, au lieu de passer par cette phase transitoire ? » remarque Patricia, de France Arno, rappelant ainsi que la configuration de la rue Alsace-Lorraine ne devait être que temporaire pour l’ancienne municipalité, pressée d’en finir à la veille des élections municipales.

Une autre, qui ne cultive pas la langue de bois, n’hésite pas à dire combien elle trouve « simplement scandaleux » de refaire une rue dont l’état selon elle pouvait attendre. « Cet argent ne pouvait-il pas servir à une autre urgence ? Douze millions d’euros, c’est énorme ! C’est d’ailleurs ce qu’on entend aussi chez de nombreux clients ».

Plus pragmatique, Yannick Penent, le gérant de Celio, concède que cette rue est laide, dégradée et mal conçue : « Elle n’incite pas au shopping. Le nouveau résultat devrait être à la hauteur, c’est un mal pour un bien ».

À quelques mètres de là, Patricia, responsable de la parapharmacie se souvient des « années galères, des nuisances même si cette fois une technique appropriée devrait être adoptée pour amoindrir le bruit notamment ».

Ce nouveau chantier n’a donc pas fini de délier les langues. Mais comme le remarque une riveraine, Toulousaine depuis peu : « Cette rue est indigne de la ville. Son image tient désormais dans ses travaux ».

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Les travaux animent la rue d’Alsace-lorraine et mécontentent les commerçants

Camions, gravats, palissades et ouvriers font désormais partie du nouveau décor de la rue d’Alsace-Lorraine, dont le chantier de modernisation des réseaux souterrains entre la rue Lafayette et Esquirol a démarré il y a dix jours. Hier, la démolition des bancs de couleur du square Charles-de-Gaulle attirait les curieux.
« Certains nous posent des questions pour savoir ce qu’on fait, d’autres prennent même des photos », témoigne Jean-Pierre qui travaille sur le chantier. Et chacun d’y aller de son commentaire. « C’est dommage, j’aimais bien les couleurs », indique Véronique, vendeuse dans une boutique de chaussures. « Moi, je trouve que c’est une bonne chose de refaire cette rue parce que ce qui a été fait il y a deux ans est très laid, il n’y a aucune harmonie, aucun style », estime en revanche Christine, une habitante du centre-ville. Le projet de l’architecte Bruno Fortier, retenu par le Grand Toulouse et qui sera présenté le 2 mars, propose justement de faire de cette artère centrale « un parcours aéré et vivant ».
Pour limiter la gêne occasionnée, les travaux seront divisés en trois phases… mais sur deux ans. Une durée qui n’est pas sans faire grincer les dents des commerçants qui redoutent le bruit, et surtout une baisse d’activité.
« Nous avions déjà souffert en 2007 alors que les travaux n’avaient duré que deux mois », se souvient le responsable d’une boutique de prêt-à-porter qui préfère garder l’anonymat. « Pour l’instant ça va, mais quand ils commenceront le gros oeuvre, les gens risquent d’aller faire leurs courses ailleurs », renchérit Christophe, un autre commerçant.
En attendant des jours meilleurs (en 2012), le Grand Toulouse a promis un chantier « exemplaire », notamment en termes de communication. Un point information sera mis en place square de Gaulle d’ici à début mars, où deux médiateurs pourront répondre aux éventuelles questions des passants.

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Un siècle de rue Alsace

Patrimoine. La rue Alsace-Lorraine fait peau neuve après 136 ans d’existence. 2 ans de travaux seront nécessaires pour transformer le provisoire en définitif.

Où sont-elles donc les élégantes du temps jadis qui trottinaient le long de la rue Alsace, au début du siècle dernier ? Chapeaux fleuris et jupons à crinolines volettent autour des canotiers ou des casquettes « Belle époque » de Toulousains en costumes sur de vieilles photographies jaunies ou des cartes postales colorisées qui ressemblent à des tableaux impressionnistes.

La plus longue rue commerçante de la Ville rose (600 mètres) est une vieille dame vénérable, plus que centenaire. L’aménagement réalisé en 2007 à la demande de Jean-Luc Moudenc sur les plans de l’urbaniste Pierre Roca d’Huytera n’a été qu’un toilettage provisoire, aujourd’hui à refaire.

Les premiers coups de pelle et de pioche ont été donnés lundi dernier pour un chantier de rénovation définitif qui va redonner tout son lustre à la rue Alsace, mais dans la seule partie comprise entre le square de Gaulle (Donjon du Capitole) et la place Esquirol. La nouvelle municipalité de Pierre Cohen a fait appel à l’urbaniste parisien Bruno Fortier pour redessiner un axe minéral et sobre, fait pour durer. Les candélabres au dessin très contemporain apporteront une touche résolument moderne.

Exit donc, le revêtement noir que certains trouvaient déjà dégradé le jour même de l’inauguration. Un noir qui tranchait avec la brique jaune et ocre des immeubles de 17,50 m de haut bâtis fin XIXe siècle sur les plans de l’urbaniste Urbain Maguès.

La rue Alsace-Lorraine est une des rares artères haussmanniennes de la Cité des Violettes. Large d’une quinzaine de mètres, elle est loin d’atteindre la taille de ses grandes sÅ“urs parisiennes. Sa perspective pas tout à fait aboutie, l’ordonnancement des façades aux balcons de fonte moulée et aux décors de pierre sculptée pas toujours respectés, contribuent sans doute à son charme très toulousain, au cÅ“ur d’une ville médiévale où les ruelles s’insinuent entre les palais de la riche époque du pastel.

Les Toulousains adorent y faire leurs courses, à l’enseigne des successeurs de la « Compagnie française » (Adidas jusqu’il y a peu), du « Capitole » (Galeries Lafayette) ou « Au gaspillage » (où Bouchara a cédé la place à Zara).

Des calèches à cheval au métro, dont la bouche s’ouvre depuis 1993 au bord du square, en passant par le tramway, la rue a connu tous les modes de transport. L’aménagement de 2007 a eu le mérite de la rendre aux piétons, cyclistes et autos se partageant un espace restreint. Un choix qui n’est pas remis en cause par l’aménagement projeté.

L’aménagement projeté par Bruno Fortier englobera le square de Gaulle (en haut), un peu comme sur cette carte postale « pointilliste » (2). Seul le tramway construit à la fin des années vingt date ces clichés (2 et 3). Le square (1) avec son kiosque à journaux. En 1957, ce cycliste a voilé sa roue dans un rail de tram’qui vit ses derniers trajets toulousains (4). En 2007, l’aménagement provisoire rend la rue semi-piétonne (5). La rue en 1997, alors ouverte à la circulation (6).

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