Article tagué centre ville
Un siècle de rue Alsace
7 février 2010
Patrimoine. La rue Alsace-Lorraine fait peau neuve après 136 ans d’existence. 2 ans de travaux seront nécessaires pour transformer le provisoire en définitif.
Où sont-elles donc les élégantes du temps jadis qui trottinaient le long de la rue Alsace, au début du siècle dernier ? Chapeaux fleuris et jupons à crinolines volettent autour des canotiers ou des casquettes « Belle époque » de Toulousains en costumes sur de vieilles photographies jaunies ou des cartes postales colorisées qui ressemblent à des tableaux impressionnistes.
La plus longue rue commerçante de la Ville rose (600 mètres) est une vieille dame vénérable, plus que centenaire. L’aménagement réalisé en 2007 à la demande de Jean-Luc Moudenc sur les plans de l’urbaniste Pierre Roca d’Huytera n’a été qu’un toilettage provisoire, aujourd’hui à refaire.
Les premiers coups de pelle et de pioche ont été donnés lundi dernier pour un chantier de rénovation définitif qui va redonner tout son lustre à la rue Alsace, mais dans la seule partie comprise entre le square de Gaulle (Donjon du Capitole) et la place Esquirol. La nouvelle municipalité de Pierre Cohen a fait appel à l’urbaniste parisien Bruno Fortier pour redessiner un axe minéral et sobre, fait pour durer. Les candélabres au dessin très contemporain apporteront une touche résolument moderne.
Exit donc, le revêtement noir que certains trouvaient déjà dégradé le jour même de l’inauguration. Un noir qui tranchait avec la brique jaune et ocre des immeubles de 17,50 m de haut bâtis fin XIXe siècle sur les plans de l’urbaniste Urbain Maguès.
La rue Alsace-Lorraine est une des rares artères haussmanniennes de la Cité des Violettes. Large d’une quinzaine de mètres, elle est loin d’atteindre la taille de ses grandes sÅ“urs parisiennes. Sa perspective pas tout à fait aboutie, l’ordonnancement des façades aux balcons de fonte moulée et aux décors de pierre sculptée pas toujours respectés, contribuent sans doute à son charme très toulousain, au cÅ“ur d’une ville médiévale où les ruelles s’insinuent entre les palais de la riche époque du pastel.
Les Toulousains adorent y faire leurs courses, à l’enseigne des successeurs de la « Compagnie française » (Adidas jusqu’il y a peu), du « Capitole » (Galeries Lafayette) ou « Au gaspillage » (où Bouchara a cédé la place à Zara).
Des calèches à cheval au métro, dont la bouche s’ouvre depuis 1993 au bord du square, en passant par le tramway, la rue a connu tous les modes de transport. L’aménagement de 2007 a eu le mérite de la rendre aux piétons, cyclistes et autos se partageant un espace restreint. Un choix qui n’est pas remis en cause par l’aménagement projeté.
L’aménagement projeté par Bruno Fortier englobera le square de Gaulle (en haut), un peu comme sur cette carte postale « pointilliste » (2). Seul le tramway construit à la fin des années vingt date ces clichés (2 et 3). Le square (1) avec son kiosque à journaux. En 1957, ce cycliste a voilé sa roue dans un rail de tram’qui vit ses derniers trajets toulousains (4). En 2007, l’aménagement provisoire rend la rue semi-piétonne (5). La rue en 1997, alors ouverte à la circulation (6).
loading...
Le chantier de la nouvelle rue Alsace démarre lundi
4 février 2010
Projet. On enlève les panneaux publicitaires, les jardinières et les bouleaux. La métamorphose commence entre la place Esquirol et la rue Lafayette.
C’est l’une des artères les plus populaires du centre ville et la rue qui a connu un vrai chamboulement ses dernières années avec ses espaces semi-piétons, et ses couloirs à vélo. En 2012, la rue Alsace-Lorraine arborera en principe un visage définitif et une nouvelle esthétique. Mais en attendant, il va falloir s’habituer aux rythmes des travaux et aux tranchées qui vont envahir plus de la moitié de la rue au cours de cette année 2010. L’axe qui compte 184 boutiques avait subi un premier lifting en 2007. Et tout le monde se souvient que la physionomie de la rue, avait été pensée à titre provisoire. À partir de lundi, les choses sérieuses commencent avec le déménagement des totems (espaces publicitaires), des jardinières et des bouleaux, qui seront plantés dans la ZAC de Gabardie. Plus tard, d’autres arbres pousseront en pleine terre, dans une rue Alsace Lorraine, au style plus épuré. En revanche, durant cette première tranche de travaux, les corbeilles à papier et les accroches vélos resteront à la disposition des usagers, entre la place Esquirol et la rue Lafayette. La grande transformation de la rue Alsace-Lorraine se concentre d’abord sur ce secteur et elle prend la forme de la remise en conformité du réseau de canalisation de l’eau (on enlève le plomb) du gaz et des câbles électriques, moyenne et basse tension.
loading...